Dans le cadre d’une rupture de contrat, la période de préavis est un moment clé où les droits et obligations du salarié et de l’employeur sont strictement encadrés par le droit du travail. Pourtant, lorsque survient un arrêt maladie pendant cette phase, la situation devient rapidement complexe. Toutes les questions se posent : l’arrêt maladie suspend-il le préavis ? Qu’en est-il des indemnités ? Comment l’employeur doit-il gérer cette situation ? Ces interrogations se heurtent à un enchevêtrement de règles légales et conventionnelles, souvent méconnues des salariés comme des employeurs.
Le preavis, prévu pour permettre une transition professionnelle ordonnée, se voit remis en cause par la santé du salarié, rendant cruciale la clarification de ses droits. En 2026, ce sujet est d’autant plus pertinent que les tribunaux continuent d’affiner l’interprétation des dispositions juridiques existantes, assurant une meilleure protection salariale et un respect accru des obligations employeur. Nous allons donc détailler, à travers plusieurs angles, les modalités applicables en cas d’arrêt maladie durant le préavis, en distinguant notamment les situations de maladie non professionnelle et de maladie professionnelle ou accident de travail. Chaque cas présente des implications différentes quant à la durée du préavis, aux indemnités dues, ainsi qu’aux droits du salarié convoqué dans ce temps particulier de la relation de travail.
En bref :
- L’arrêt maladie n’interrompt pas systématiquement la durée du préavis, sauf en cas de maladie professionnelle ou d’accident du travail.
- Le salarié en congé maladie perçoit des indemnités journalières de la Sécurité sociale et peut bénéficier d’une indemnité complémentaire versée par l’employeur sous conditions.
- La notification de la rupture fixant le point de départ du préavis ne change pas, même en cas d’arrêt maladie.
- L’employeur peut dispenser le salarié malade d’effectuer son préavis tout en devant verser une indemnité compensatrice.
- Il est essentiel de consulter son contrat de travail et la convention collective, qui peuvent prévoir des règles plus favorables.
Arrêt maladie pendant le préavis : les règles fondamentales du droit du travail
Lorsque survient un arrêt maladie durant la période de préavis d’un salarié, que ce soit lors d’une démission ou d’un licenciement, la réglementation applicable à cette situation découle principalement du Code du travail et de la jurisprudence. Selon l’article L1226-1 du Code du travail, le salarié bénéficie d’une protection particulière en cas d’arrêt maladie, mais cette protection a des limites quant à son impact sur le préavis.
En effet, en matière de maladie non professionnelle, l’arrêt de travail n’interrompt pas la période de préavis. Cela signifie que celui-ci continue de courir normalement même si le salarié est absent pour cause de maladie. Cette règle a été confirmée par plusieurs arrêts de la Cour de Cassation datant des années 1989 et 1996, qui ont tranché en défaveur d’une suspension automatique du préavis pendant un congé maladie. La conséquence principale est que la date de fin de contrat reste inchangée :
- Le préavis démarre le jour où la lettre de licenciement ou de démission est reçue,
- Il continue à courir pendant toute la durée de l’arrêt maladie,
- Il se termine à la date prévue initialement, même si le salarié n’est pas en mesure de travailler.
Cette continuité du préavis implique que le salarié ne peut prétendre à une indemnité compensatrice de préavis en raison de son absence maladie, sauf dans le cas où l’employeur dispense le salarié d’effectuer ce délai. En effet, si l’employeur décide de le libérer de son obligation d’activité pendant le préavis, il doit alors lui verser une indemnité compensatrice représentant la rémunération qu’il aurait perçue s’il avait travaillé. Cependant, cette indemnité peut être réduite des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale.
Il est important de noter que les règles peuvent évoluer ou être précisées par les conventions collectives de branche ou les clauses du contrat de travail, qui peuvent offrir un cadre plus favorable aux salariés. Par conséquent, avant toute démarche, une vérification de ces documents est conseillée pour bien comprendre ses droits et obligations. De plus, en cas de litige, solliciter un avis juridique peut s’avérer indispensable afin d’éviter toute confusion.
La problématique de la protection salariale en cas d’arrêt maladie durant le préavis reste un sujet suivi avec attention en 2026, notamment pour garantir un équilibre entre la santé du salarié et l’organisation des entreprises.

Indemnités dues lors d’un arrêt maladie pendant le préavis : droits et conditions
Lorsqu’un salarié est placé en arrêt maladie pendant son préavis, il perçoit dans un premier temps les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale. Ces indemnités compensent partiellement la perte de salaire liée à l’incapacité de travail pour maladie.
À cela peut s’ajouter, sous certaines conditions, le versement par l’employeur d’une indemnité complémentaire destinée à compléter ces indemnités sociales. Cette indemnité est versée uniquement si le salarié remplit plusieurs critères :
- Ancienneté minimum : le salarié doit justifier d’au moins un an d’ancienneté au sein de l’entreprise,
- Transmission de l’arrêt maladie : il est impératif que le salarié adresse son certificat médical à l’employeur dans un délai de 48 heures,
- Conditions géographiques : les soins doivent être effectués en France ou dans un pays membre de l’Espace économique européen,
- Catégorie de salarié : l’indemnité complémentaire n’est pas due aux travailleurs à domicile, saisonniers, intermittents ou temporaires,
- Droit aux indemnités journalières : le salarié doit avoir droit au versement des indemnités journalières de la Sécurité sociale.
Ces critères s’appuient sur les dispositions générales du Code du travail et sont complétés selon la convention collective applicable. Par exemple, certains accords peuvent prévoir un maintien de salaire plus favorable ou un complément plus élevé que celui prévu par la loi. Cela est souvent le cas dans les secteurs où la protection des salariés est renforcée.
Par ailleurs, dans le cadre d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail survenant pendant le préavis, les règles diffèrent puisqu’il y a alors une suspension automatique du préavis. La période d’absence en raison de ces situations est considérée comme du temps de travail effectif et allonge donc la durée du préavis pour une période équivalente à la durée de l’absence.
Le tableau ci-dessous récapitule les principales modalités liées aux indemnités en fonction du type d’arrêt maladie :
| Type d’arrêt maladie | Effet sur la durée du préavis | Indemnités perçues | Indemnité complémentaire employeur |
|---|---|---|---|
| Maladie non professionnelle | Pas de suspension, préavis court normalement | Indemnités journalières Sécurité sociale | Versée sous conditions d’ancienneté et transmission |
| Maladie professionnelle ou accident du travail | Suspension automatique du préavis, prolongation équivalente | Indemnités journalières spécifiques | Indemnité complémentaire souvent due selon la convention |
Ces règles visent à équilibrer la protection du salarié malade et les intérêts de l’employeur lors de la rupture de contrat avec un contexte sanitaire défavorable. Pour une information détaillée, plusieurs ressources sont disponibles sur le site officiel du Code du Travail ou chez des spécialistes en droit du travail.
L’impact de l’arrêt maladie sur la durée et la suspension du préavis
Un point souvent source de confusion est la question de la suspension du préavis en cas d’arrêt maladie. Contrairement à une idée reçue, l’arrêt maladie non professionnelle ne suspend pas la période de préavis. Le délai légal ou conventionnel se calcule sans interruption, ce qui signifie que le salarié reste tenu de respecter la durée du préavis initialement fixée, même en étant absent.
Cependant, la maladie professionnelle ou un accident de travail engendrent une situation différente avec une suspension automatique du préavis. Cette suspension entraîne mécaniquement une extension du préavis d’une durée égale à celle de l’arrêt maladie pris en compte. Cet aménagement est destiné à garantir au salarié une période complète de préavis, même en cas d’absence pour raisons médicales liées au travail.
Cela peut notamment avoir une incidence importante, par exemple, lorsqu’un salarié victime d’un accident du travail en phase de préavis voit la fin de son contrat décalée, prolongeant ainsi la protection sociale et le maintien des droits associés. Cette spécificité est régulièrement rappelée dans la doctrine juridique et s’applique sans exceptions notables.
Dans tous les cas, la dispense totale ou partielle de préavis par l’employeur reste une possibilité. Le salarié malade ainsi libéré de son obligation d’effectuer le préavis perçoit alors une indemnité compensatrice, garantissant une rémunération équivalente à la période théoriquement restante du préavis. Pour la bonne gestion administrative et la clarté des rapports, il est conseillé aux parties de formaliser cet accord par écrit.
Le salaire durant le préavis, quand il est maintenu, est donc remplacé par des indemnités et compléments adaptés. En 2026, la jurisprudence récente tend à préciser mieux encore cette gestion pour éviter tout contentieux.

Licenciement et arrêt maladie pendant le préavis : les protections spécifiques
Lorsqu’un salarié est en arrêt maladie au moment du licenciement, des règles particulières encadrent cette situation délicate. En France, la protection contre le licenciement d’un salarié en congé maladie est un principe important du droit du travail. Toutefois, cette protection ne s’étend pas toujours à la période de préavis.
Si l’arrêt maladie débute avant la notification du licenciement, ce dernier doit être motivé par une cause réelle et sérieuse indépendante de l’état de santé, à défaut de quoi le licenciement serait abusif. Si le salarié est en arrêt au moment de l’envoi de la lettre de licenciement, la période de préavis commence à courir, mais comme évoqué précédemment, elle n’est pas suspendue en cas de maladie non professionnelle.
Cette disposition vise à ne pas pénaliser les employeurs tout en assurant une protection minimum du salarié vulnérable. Le salarié conserve ses droits aux indemnités journalières et à l’indemnité complémentaire, si les conditions sont remplies. Le droit du travail impose également à l’employeur certaines obligations employeur spécifiques, notamment la transmission des documents de fin de contrat et l’information claire sur la prise en compte de cet arrêt maladie lors de la rupture.
En cas de contestation, il est possible de porter l’affaire devant le Conseil de Prud’hommes, qui appréciera les circonstances et pourra annuler le licenciement si les conditions légales ne sont pas respectées. La médiatisation de nombreux cas survenus en 2026 montre une vigilance accrue des juges sur ce sujet.
De plus, l’arrêt maladie durant un préavis peut compliquer la rupture conventionnelle. Cette procédure de rupture amiable demande que le salarié soit apte, ce qui n’est pas compatible avec un arrêt maladie. Il est donc conseillé de bien vérifier toutes les conditions avant de signer un accord, sous peine de nullité ou de remise en cause de la rupture.
Pour approfondir ce volet, plusieurs experts proposent des analyses sur les implications précises d’un arrêt maladie et licenciement en 2026, mettant en lumière les devoirs de l’employeur et les droits du salarié.
Obligations employeur et démarches à suivre en cas d’arrêt maladie pendant le préavis
L’employeur dispose de plusieurs obligations lorsqu’un salarié est en arrêt maladie au cours de son préavis. En premier lieu, il doit veiller à ce que le salarié transmette rapidement son arrêt de travail, généralement dans un délai de 48 heures, afin d’éviter toute interruption dans la prise en charge des indemnités. Ce respect des formalités est essentiel pour la bonne gestion administrative du dossier.
Ensuite, l’employeur doit assurer le versement de l’indemnité complémentaire dans les cas où le salarié y a droit, conformément aux modalités prévues par la convention collective ou le Code du travail. Cette indemnité vient compléter les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale, protégeant ainsi le salarié d’une perte trop importante de revenus durant la période d’incapacité.
En parallèle, l’employeur doit respecter le cadre légal concernant la durée du préavis, en ne prolongeant pas abusivement celui-ci, sauf dans les cas prévus par la loi, notamment pour maladie professionnelle ou accident du travail. Toute prolongation injustifiée peut être considérée comme une rupture abusive et entraîner des sanctions.
Dès réception de l’arrêt maladie, il est également recommandé de communiquer de manière transparente avec le salarié pour organiser la suite du contrat. Il est possible d’ajuster les modalités de la fin de contrat, notamment par l’octroi d’une dispense de préavis qui doit être formalisée par écrit afin de sécuriser les relations contractuelles. Le salarié tablera dans ce cas sur une indemnité compensatrice de préavis, visant à compenser la rémunération non perçue durant la période non effectuée.
Voici une liste des démarches principales que l’employeur doit respecter en cas d’arrêt maladie pendant le préavis :
- Vérification rapide de la réception et conformité de l’arrêt maladie,
- Information du salarié sur ses droits et obligations,
- Maintien ou suspension du préavis selon le type de maladie,
- Versement des indemnités complémentaires si applicables,
- Formalisation écrite en cas de dispense totale ou partielle de préavis.
Pour faciliter cette gestion, les employeurs peuvent se référer à des ressources en ligne fiables comme les codes officiels du travail qui fournissent des outils adaptés aux nombreuses situations rencontrées
. Dans tous les cas, l’objectif est de concilier la protection salariale du collaborateur et les impératifs organisationnels de l’entreprise.